Mois: décembre 2014

Trésor n°11 – Balade à vélo dans la brousse

En une fin de semaine paisible passée au Burkina, à Koupéla plus précisément, nous décidons d’organiser une sortie vélo. Pourquoi ne pas en louer et aller explorer les alentours ?

Après une recherche longue mais finalement fructueuse de loueur de vélos, enfin, plutôt vendeur, qui a accepté de nous en louer pour 1h30 et qui a eu peur que nous ne les ramenions pas, nous voilà partis sur nos beaux vélos !

Nous commençons par longer la grande route qui retourne vers la capitale puis nous décidons de sortir des sentiers battus et de filer en pleine brousse lorsque nous avons distingué un chemin s’en allant vers la droite. Nous voilà filant fièrement sur nos vélos à la rencontre des chèvres, des vaches à bosse et de la végétation de la savane.

Après une dizaine de minutes nous apercevons au loin de magnifiques baobabs que nous souhaitons aller examiner de plus près. Ils sont là, imposants, à quelques pas d’un petit canyon creusé par la saison des pluies mais très sec à présent. C’est alors que nous improvisons une petite séance photos dont nous vous laissons découvrir les clichés ci-dessous.

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La brousse à gauche, la brousse à droite, pas d'éléphant, pas de lion, ok c'est bon, on peut filer !

La brousse à gauche, la brousse à droite, pas d’éléphants, pas de lions, ok c’est bon, on peut filer !

Malheureusement, le temps passe vite et après une bonne vingtaine de minutes à photographier et passer du bon temps, nous prenons le chemin du retour pour arriver à temps auprès du loueur qui ferme à 17h. Ce fût une agréable sortie et une activité à recommencer. Les sorties les plus simples sont parfois les meilleures !

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Flash info !!

Pour des raisons de connexion internet faible, voire très faible, nous sommes dans l’incapacité de vous offrir des photos sur nos articles. Ce service sera rétabli quand on pourra ! dans les plus brefs délais !

L’équipe de l’Afrique aux trésors.

Trésor n°10 – Mole National Park

6h30 du matin, après une nuit à la belle étoile sur un toit de Larabanga, on grimpe sur deux bicyclettes appartenant à la communauté. Direction le parc de Mole pour une randonnée safari.

Les vélos sont légèrement bringuebalants, celui de David est trop petit mais qu’importe, ça va le faire ! C’est parti pour 6 km. Une descente, « Oh cool si c’est comme ça tout du long ! » se dit-on. Mais le plaisir est de courte durée, au bout de 500 m un faux-plat interminable se dévoile sous nos roues. On n’a pas le choix, il faut continuer, le départ du safari est à 7h30.

A 7h02, nous passons, tels deux héros de guerre remontant les Champs Elysées, sous la grande arche indiquant l’entrée du parc. David rempli le registre, le gardien lui demande s’il est armé « Euh non je ne crois pas » répond-il, des animaux à déclarer ? « Non plus ! »

On continue notre route après avoir payé la taxe d’entrée. Marine a mal aux fesses à cause de la selle, David a mal aux fesses à cause de la balade de la veille, mais passons les détails. Nous arrivons au bureau des guides, reste plus qu’à payer la visite et attendre notre guide. 45 min plus tard, le guide arrive, c’est parti pour le safari !

Marine et le guide

Marine et le guide

Le guide, que nous appellerons John (car il ne s’est pas présenté), nous accompagne alors 3h durant dans la nature sauvage. Il est 8h, le soleil cogne déjà fort, voilà 15 min que nous nous prenons pour des maquisards dans le sud de la France. Quand tout à coup, un petit phacochère d’une 100aine de kilos passe à 3-4 m de nous l’air de rien, apparemment il n’est pas méchant, il faut juste éviter de l’énerver et de faire des grands gestes, « On va faire attention ! ». On continue lorsque John nous explique qu’on est sur le territoire des singes. Il nous explique également que 65 groupes (familles) de primates ont été recensés sur l’ensemble du parc. En 5 min, tous les singes du secteur savaient qu’on était là, les sentinelles nous surveillaient à bonne distance.

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Phacochère

Une sentinelle

Une sentinelle

Le safari continue, nous traversons hautes herbes, terrains arides et forêt dense, quand sur les coups de 9h30, alors que nous traversions un petit marrais debout sur des troncs d’arbres, un bruit relativement proche de nous se fait entendre. John nous dit d’une voix calme « C’est soit un éléphant, soit un crocodile. ». Okkkk, merci John, on fait gaffe ! On traverse le marais et on observera de plus loin.

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Un peu plus loin, se dresse en effet une tour d’observation (pour ornithologue), point de vue stratégique qui permet d’observer une étendue d’eau et ses alentours. On s’y installe, John nous raconte que lorsque le soleil cogne c’est ici, entre autre, que les éléphants du parc (entre 300 et 400) viennent se rafraichir. Malheureusement pas d’éléphant à l’horizon, nous reviendrons plus tard pour tenter d’en voir.

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S’en est suivie 1h de marche dans la brousse à observer différentes familles de singes, d’antilopes et de phacochères. Toujours à la recherche d’éléphants nous traversons plusieurs pistes datant de la veille. On s’en doutait mais on se rend rapidement compte que l’animal doit être immense vu les traces qu’il a laissé aux abords des points d’eau.

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Antilope

 

Empreinte d'éléphant

Empreinte d’éléphant

Il nous reste 30 min sur les 3 h prévues, John nous propose d’aller rendre visite au village du parc. Le village a été construit en même temps que le parc pour héberger l’ensemble des employés du parc (guide, soigneur, garde forestiers, etc). A notre surprise, un groupe de babouins s’est également installé aux abords du village et vit avec les habitants. Les phacochères sont également de la partie.

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La randonnée est maintenant terminée, après discussion avec les autres guides nous apprenons qu’aucun d’eux n’a observé les éléphants dans la matinée, ils n’étaient tout simplement pas là. Pendant le repas que nous prenons à la cantine des travailleurs, un garde forestier nous conseille d’aller près du restaurant après manger, nous aurons alors un très beau point de vue sur le parc et l’étendue d’eau où viennent se rafraichir les grands mammifères. S’ils sortent de leur cachette, c’est d’ici que nous pourrons les voir.

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30 min passent sans voir d’éléphants, nous avons néanmoins profité du paysage. C’est maintenant l’heure de partir direction le Burkina Faso.

Trésor n°9 – Larabanga et sa communauté

Nous sommes maintenant depuis quelques jours dans la capitale du Burkina Faso, à Ouagadougou pour prendre un peu de repos. Nous en profitons donc pour vous écrire et vous faire découvrir nos derniers jours au Ghana qui étaient forts en rencontres et découvertes parmi les habitants du village de Larabanga, en bordure du parc national de Mole.

Voici à peu près comment s’est déroulée notre arrivée à Larabanga. Il faut savoir que c’est un village installé en bord de route, sur l’axe Tamale – Wa, deux grandes villes du nord du Ghana. Il est situé à l’entrée du parc national de Mole et a donc un certain attrait touristique. Notre arrivée était donc une des plus accueillantes que nous n’ayons jamais eues ! A peine sommes-nous descendus du tro-tro que Adi et Fatao, des jeunes du village nous accueillaient par des « You’rewelcome » et s’empressaient de porter nos sacs pour nous emmener chez la famille d’Adi. Adi a fait ses études en tourisme, il œuvre beaucoup pour son village et essaie de le développer touristiquement pour le bien de la communauté. Il est également instituteur à l’école du village.

Une fois nos affaires déposées dans la chambre d’Adi, les gars nous expliquent comment fonctionne la réserve naturelle de Mole, comment pouvons-nous nous y rendre, à quelles heures ont lieu les randonnées safari, parmi d’autres nombreuses informations. Le brief pour les touristes était clean !

Après les chaleurs de l’après-midi et un repas de riz + stew (sauce à base de tomates) pris dans le restaurant local, nous voilà partis pour un tour du village. Nos guides ne sont autres qu’Adi et Fatao mais vous l’aviez surement deviné J.

Nous vous emmenons donc avec nous pour la tournée du village, vous êtes prêts ? Appareils photos en main ? Lunettes de soleil sur la tête ? Let’s go !

Nous commençons par passer devant un bâtiment laissant échapper des nuages de poussière blanche, en s’approchant de plus près on y découvre le moulin. Une vieille machine à courroie tourne bien et moud des graines de maïs bien sec pour en faire de la farine. Sur la gauche, juste derrière la porte on découvre une bassine plein de graines de ciabatta à l’état pur, sacré découverte pour des mangeurs de pain de ciabatta !

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Nous laissons l’équipe travailler puis continuons vers l’arbre du repos des fermiers. Quelques rondins de bois difformes en forme de table sont alignés sous un arbre, à l’ombre, pour se reposer aux heures les plus chaudes de la journée. Les enfants curieux commencent déjà à nous rejoindre.

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Notre balade nous amène ensuite devant une des maisons les plus anciennes du village, à l’architecture ancienne. Sur les murs extérieurs, on peut observer des empreintes de doigts. « Pourquoi toutes ces empreintes ? » demande-t-on alors à Adi. Nous pensions qu’il s’agissait de décorations murales mais Adi nous répond alors « c’est un calendrier. On peut y lire les jours, les semaines, les mois et les années, mais seuls les anciens du village peuvent encore le déchiffrer. » Quelle surprise ! Nous apprenons ensuite comment ces maisons étaient construites. Elles sont faites d’argile, poutres et nombreux rondins de bois, mortier fait à base de paille, eau, terre, etc. Le toit étant plat, on peut y faire sécher toutes sortes de récoltes : graines, piment, manioc, gombo, etc.

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Nous deux et Adi sur le toit de la maison ancienne

Nous deux et Adi sur le toit de la maison ancienne

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On nous emmène ensuite au niveau de l’école. Le premier bâtiment a été construit par les Peace Corps. Quelques années plus tard, le gouvernement a donné des financements et la communauté a apporté ses propres fonds pour permettre la construction du reste de l’école. 3 bâtiments accueillent aujourd’hui 900 enfants. Cela parait improbable pour une école française que de si nombreux enfants puissent être accueillis dans une si petite structure. L’avantage est qu’ici il fait si souvent beau que certaines classes peuvent étudier en plein air à l’ombre de grands arbres tout au long de la journée. Les enfants étant nombreux, il existe tout de même un roulement. Certains enfants viennent à l’école tôt le matin tandis que d’autres viennent seulement l’après-midi. Ce sont de grosses journées pour les instituteurs !

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Nous rencontrons ensuite une femme en train de préparer du Banku, un plat traditionnel ghanéen. Elle propose alors à Marine d’essayer de touiller. Ce qu’elle s’empresse de faire avec plaisir. Une vraie petite femme africaine ! Le plat est à base de farine de maïs donc la pâte durcie rapidement, les flammes lui lèchent les doigts, elle évite quelques brûlures et s’en sort plutôt bien.

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Nous approchons ensuite du lieu le plus touristique du village : La mosquée. C’est une des plus anciennes du pays, elle a été construite en 1421. Elle comporte 4 portes, 1 pour les femmes qui s’installent au fond, 1 pour les hommes qui s’installent au milieu, devant l’imam, 1 pour l’imam et 1 pour le muézin pour l’annonce de la prière. La mosquée peut accueillir jusqu’à 200 personnes. Le village étant composé de 4000 habitants, les personnes âgées y entrent en priorité, les autres villageois s’installent à l’extérieur, autour de la mosquée.

Et là, l'entrée des Jedis !

Et là, l’entrée des Jedis !

La suite de la balade nous emmène à la rencontre de femmes en train de piler du Fufu dans un mortier. Adi nous propose aussitôt d’essayer. David s’y met, ce n’est plutôt pas trop mal, il s’applique. Lorsque c’est au tour de Marine d’essayer, c’est plus délicat, elle ne met pas assez de force dans le frappé de la pâte, ça fait bien rire tout le monde, même elle. Il en faut de la force pour préparer le Fufu ! A sa décharge, elle ne fait pas ça tous les jours …

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La tournée du village se clôture par un retour au domicile de la famille d’Adi où sa maman est en train de préparer du Kenkey (autre plat traditionnel qui se ressemble tout autant). Il nous invite à nous assoir en attendant de pouvoir manger le repas. C’est là que beaucoup d’enfants du village nous rejoignent. Nous faisons leur connaissance et ils nous demandent alors la traduction de nombreux mots en français. « Comment dit-on bike en français ? Et Sweetpotatoe ? Et boy ? Et human beings ?, etc. » Tout ce qui leur passe à l’esprit. Les petites filles se ruent sur Marine, les garçons sur David.

La famille d’Adi a le plaisir de nous offrir le repas du soir. Le Kenkey est en fait la pâte que nous avions déjà goûtée au Togo. Nous mangeons avec les doigts et trempons la pâte dans une sauce. Nous mangeons tous ensemble mais à des endroits différents de la cour. Ici, manger n’a pas la même importance qu’en France. Ils mangent pour se nourrir et non pour partager un moment de plaisir. C’est pourquoi ils mangent tous les jours la même chose ou presque, et ils ne s’en lassent pas. En 15 minutes tout au plus, tout le monde a fini de manger.

La journée s’est clôturée pour nous par une nuit à la belle étoile sur un toit du village. Armés de nos duvets et d’un matelas gonflable, nous voilà parés pour la nuit. C’était une expérience grisante ! Après les belles découvertes et rencontres de la journée, nous nous sommes endormis rapidement sous un ciel étoilé avec des images plein la tête. Nos pensées se perdaient vers le safari qui nous attendait le lendemain …

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Avant de vous laisser, voici quelques explications sur le fonctionnement du village. Les habitants font partis de ce qu’ils appellent « la communauté ». Ils œuvrent dans le seul but de profiter à la communauté entière. Par conséquent, ce que nous avons décidé de verser le lendemain, au moment de notre départ, pour la nuit, le repas et la visite du village est revenu entièrement à la communauté pour leurs projets communs en cours :

  • Finir la construction de la nouvelle clinique.
  • Construire un nouveau puits car l’actuel est partagé avec les animaux.
  • Financer du matériel scolaire.
  • Développer le tourisme local.

A bientôt pour de nouveaux trésors !

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Trésor n°7 – Cape Coast et son fort négrier

Cela fait maintenant un long moment que nous n’avons pas partagé nos aventures avec vous et nous nous en excusons. Les connections internet ne se trouvent pas toujours facilement et cela fait maintenant plusieurs jours que nous sommes sur la route et n’avons pu vous communiquer de nouvelles.

Depuis Keta, nous avons bien avancé. Nous sommes notamment passés par Cape Coast où nous avons pu redécouvrir un pan de l’histoire : le commerce d’esclaves. Cet article n’aura donc pas pour but de vous faire rire ou vous divertir, mais nous souhaitions partager avec vous ce que nous avons pu découvrir historiquement.

L’Afrique de l’ouest était au coeur de la traite négrière. C’est dans le golfe de Guinée (de la Guinée au Congo) que venaient s’approvisionner les bateaux européens en esclaves noirs.
Nous avons donc découvert qu’une quinzaine de forts sont encore érigés le long de la côte ghanéenne sur un total de 40 sur la Gold Coast. Ils sont des lieux de mémoire et d’histoire du commerce triangulaire. Le territoire du Ghana était au centre de ce commerce. Les royaumes africains côtiers « chassaient » des peuples d’Afrique subsaharienne, plus au nord et les revendaient aux bateaux négriers européens contre des marchandises. Ceux-ci vendaient les esclaves aux plantations américaines en échange de cacao, café, rhum ou coton, qu’ils revendaient ensuite en Europe. Mais il faut également savoir que la déportation d’esclaves existait déjà depuis longtemps en Afrique. Notre guide, lors de la visite du fort, a commencé par nous indiquer que les populations africaines ne pouvaient pas nier leur implication dans cette traite et qu’ils en sont en partie responsables. Cette déportation était orchestrée par les Arabes, les esclaves d’Afrique subsaharienne étaient emmenés en caravane à travers le Sahara à destination de toutes les villes de l’orient. Mais les conditions difficiles de transport limitaient l’impact de cet esclavagisme. C’est quelques années plus tard, avec l’arrivée des européens sur la côte que les forts se sont rapidement construits et que la traite s’est intensifiée. Le fort de Cape Coast a vu le jour en 1665.

Le fort de Cape Coast

Le fort de Cape Coast

Les forts étaient des lieux de stockage de marchandises et d’esclaves avant d’être envoyés vers d’autres pays par bateau. Les conditions de détention étaient abominables. Voici donc ce que le guide nous a raconté :
Les hommes étaient au nombre de 1000 maximum dans les sous-sols du fort, les femmes au nombre de 300. Elles étaient beaucoup moins nombreuses car les besoins en main d’oeuvre dans les plantations étaient plus importants.
Cinq pièces d’environ 50m² contenaient chacune 200 hommes. Les esclaves restaient généralement emprisonnés 3 mois dans ces lieux sombres. Certains perdaient la vue en revenant à la surface. Ils n’avaient d’autres moyens que de faire leurs besoins, manger et vomir sur le sol. Ils ne pouvaient pas se laver. Ils étaient nourris 2 fois par jour avec pour seul objectif de les maintenir en vie. Les esclaves étaient lavés seulement au moment de la vente aux enchères. Pour faciliter leur identification, ils étaient tatoués à leur arrivée pour les classer par catégories (forts, faibles, etc.).
A l’issu de la vente, les esclaves passaient par une porte nommée « la porte de non-retour ». Ils l’empruntaient pour monter à bord d’une embarcation qui les conduisait jusqu’au bateau. Cette porte était nommée ainsi car ces hommes et femmes étaient destinés à ne jamais revenir dans leur pays.

A l’abolition de l’esclavage et de l’activité initiale du fort, les ghanéens décidèrent d’inscrire au dos de cette porte : « The door of return », pour briser symboliquement ce système.

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The door of return

The door of return

Les châtiments infligés
En cas de rébellion ou désapprobation (ex. refus d’une femme aux avances qui lui sont faites), les esclaves subissaient de graves corrections.
Les femmes étaient enfermées dans un cachot avec seulement 1 repas par jour. Elles y étaient abusées sexuellement pendant 7 à 10 jours.
Quant aux hommes, ils étaient envoyés dans la cellule des condamnés. Une dizaine d’hommes pouvaient être enchainés sans eau, sans air, sans lumière ni nourriture pendant 3 jours. Beaucoup succombaient. Les survivants devaient raconter aux autres ce qu’il s’était passé pour dissuader les autres.

Nous avons également visité un autre fort sur la côte, celui d’Elmina. C’est le plus ancien fort de la côte, construit en 1482. Les châtiments infligés dans celui-ci étaient encore différents. Les femmes étaient enchaînées à un boulet au milieu de la cour, sans eau, ni nourriture. L’objectif était de leur faire peur et de les dissuader de recommencer.
Les hommes étaient également enfermés dans la cellule des condamnés, sans eau ni nourriture, mais cette fois ci jusqu’à ce que mort s’en suive. Personne n’est donc jamais ressorti vivant de cette cellule.

Ces forts ont eu bien d’autres utilisations depuis (écoles, musées, etc.). A ce jour, ils sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO et servent au devoir de mémoire.

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Cape Coast, sa plage et son fort

Cape Coast, sa plage et son fort

L’aventure au quotidien, les réponses

Vous avez été plusieurs à nous poser des questions depuis notre départ de Kpalimé, voici donc les réponses concernant notre vie quotidienne au Ghana.

L’hébergement
Se faire inviter chez un ghanéen reste un luxe très rare, ils sont très accueillants dans la rue, mais n’ouvrent pas facilement les portes de leurs maisons. Nous avons donc dû modifier nos plans (au moins pour le Ghana) en matière d’hébergement. Nous logeons dans des hôtels et Guest House proposant des tarifs intéressants. Comptez entre 20 et 40 GHc (5-10€) la nuit dans une chambre double, ventilée, confort de base mais bien suffisant pour les voyageurs que nous sommes.

Les repas
Le moyen le plus économique de manger ici, c’est de manger la même chose que tout le monde. Les rues débordent de petits commerces et cantines ou tout le monde viens manger le midi comme le soir. Comptez entre 2 et 6 GHc (0,50-1,50€) pour un repas copieux. On y trouve de tout, des frites d’igname aux brochettes de boeuf en passant par les bananes plantains et les assiettes d’indomie (nouilles aromatisée au poulet et aux oignons). On y trouve également pléthore de fruits, ananas, bananes, oranges, papayes, noix de cocos etc… Ne vous inquiétez pas, on mange bien !!!

Les breuvages
On mange bien certes, mais est-ce qu’on boit à notre soif ? Ne vous inquiétez pas non plus, on trouve de l’eau à tous les coins de rue. Partout des femmes scandent « Here is Pure Water ! » pour annoncer à tout le monde qu’elles vendent des poches de Pure Water. L’eau est conditionnée en usine en sachet plastique de 50 cl et revendue dans la rue pour 0,20 GHc (0,05 €). Ne vous inquiétez pas non plus, on trouve aussi de quoi nous faire plaisir (Coca, Fanta, bières, etc) pour 2,5-5 GHc (0,62-1,25 €).

OLYMPUS DIGITAL CAMERAHygiène
La douche quotidienne est fraiche, très fraiche, mais ça fait tellement de bien lorsque le thermomètre affiche 35°C, voire 40. L’eau est de temps en temps chaude, lorsque qu’elle est stockée dans des tanks en plein soleil.
La lessive est faite par nos soins dans notre chambre, on la fait au seau ! La corde est tendue au-dessus du lit, le linge sèche grâce au ventilateur.

Sechage au ventilateur

Sechage au ventilateur

Les transports
Pour se déplacer entre les villes ou villages, nous utilisons des bus, des tro-tro ou des taxis brousse. Les tro-tro sont des minibus de 15-20 places, c’est le moyen de transport qui coûte le moins cher mais n’est pas forcément le plus confortable ! David a souvent du mal à placer correctement ses genoux pour toute la durée du trajet. Les fauteuils sont souvent très abimés et nous avons un peu mal partout après 5 ou 6h de trajets plein de cahots. Il est donc parfois difficile de rester positif lorsque nous avons mal au dos, aux genoux, que le trajet dure 5h et que nous avons failli verser une bonne quinzaine de fois. Pour nous rendre de Kete-Krachi à Tamale, nous avons dû prendre 4 bus différents, attendre 5h à une barrière de police en attendant qu’un véhicule passe, puis finalement arriver 2 jours plus tard que prévu. C’est tout de même assez folklorique et c’est l’image que nous avions de l’Afrique avec des passagers (autre que nous) sur le toit des minibus !

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A 20 dans un tro-tro

En attente d'un vehicule a la barriere de police

En attente d’un vehicule a la barriere de police

Les passagers du toit

Les passagers du toit

Les visites des lieux
Dans chaque nouvelle ville, se rendre au marché reste incontournable. C’est le coeur de la ville / village. C’est ici que les gens sont, c’est ici qu’on peut tout trouver, c’est ici qu’il faut être. Les stations de bus, tro-tro et taxis se trouvent toujours à proximité.

Au nord du Ghana nous avons découvert des paysages beaucoup plus secs qu’au sud, la savane est telle que nous nous la sommes imaginée ! Ca fait rever !

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Trésor n°8 – La traversée du lac Volta

Après 10 jours passés sur la côte, entre Keta et Cape Coast, il était temps de se diriger plus au nord, vers le Burkina Faso. Deux solutions s’offrent à nous :
1. Par la route : 15h de voyage, entassés à 20 dans un minibus, 2 poses pipi prévues au programme, etc…
2. Par les eaux : 20h de traversée sur le lac Volta (400km), un des plus grands lacs artificiels au monde, de la place à foison, etc…
Hummm, bon aller, on part sur les eaux !
Direction Akosombo pour embarquer sur le Yapei Queen ! C’est le village le plus au sud sur le lac, il a été construit pour héberger l’ensemble des ouvriers et ingénieurs travaillants à la construction du barrage.
Une 20aine d’heures plus tard nous débarquerons à Kete Krachi ! Petit port sans grand intérêt mais qui sera pour nous la porte vers un nouveau monde. S’ouvrirons devant nous les plaines sauvages d’Afrique de l’ouest, la ville de Tamale, le parc de Mole, et la frontière burkinabée comme prochaines étapes.

L’histoire du lac
Nous disions donc que le lac Volta était l’un des plus grands lacs artificiels au monde. La construction du barrage a débutée en 1961, les travaux ont duré 5 années. Avec ses 400m de profondeur l’édifice peut engendrer 900 000 kW (kiloWatts). De quoi faire face aux besoins en électricité des industries et foyers du Ghana ainsi que d’une bonne partie du territoire togolais et béninois. Malheureusement ce n’est pour l’heure pas le cas, la faute à un contrat signé avec une firme américaine permettant à l’état ghanéen de terminer la construction du barrage. Le lac occupe aujourd’hui 4% du territoire avec une surface de 8 500 km2.
En plus d’être une source intarissable d’électricité le lac permet à la région de s’approvisionner en poissons, de 20 à 30 000 tonnes sont pêchées chaque année. Il offre également une nouvelle voie d’accès au nord du pays, c’est une bonne alternative au trajet par la route. Vous l’’aurez compris, les longs, très longs trajets en tro-tro ne sont ni agréables, ni confortables.

Et la traversée alors !?
C’est bon, les tickets sont pris (18 GHc soit un peu moins de 5 €), le départ est prévu « vers 15h30 ». Après un mois passé au Ghana, nous comprenons directement que « vers 16h » signifie « vers 17h ».
A 17h donc, le départ ! Le soleil commence tranquillement à se coucher (la nuit tombe à 18h). Nous découvrons alors un paysage fort sympathique entre lac et montagne. Le lac est tellement long que nous ne voyons pas encore la terre d’arrivée. Le capitaine profite de la dernière heure de soleil pour sortir d’un bras étroit (500m de large) avant de se jeter dans l’immensité du lac, nous découvrirons ça au petit matin.
OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERALa nuit est tombée, on rejoint nos quartiers, l’ensemble des voyageurs sont installés dans deux grands réfectoires avec des bancs et des tables. Pas de chambres, on réserve une table. David sort un ananas de son sac, c’est l’heure de manger !

La nuit est courte, difficile de dormir avec le bruit environnant. Une série ghanéenne très appréciée passe à la télé. Par le plus malheureux des hasards, il manque la télécommande et les boutons de réglage du volume sur la télé. Manque de bol encore, le volume est au maximum. Les gens autour de nous ont l’air de s’endormir sans se plaindre. Marine en a marre, elle sort dormir sur le pont supérieur, David en bon prince reste pour garder les affaires. Une demi-heure passe, tout le monde est couché sauf… David. Trop de bruit, il finit par débrancher la télé. Ahhhhh, ça fait du bien, reste maintenant à dormir sur la table en bois.
Courte nuit, impossible de dormir à partir de 5h30. Nous sommes alors au milieu du lac. Jugez par vous-même !
OLYMPUS DIGITAL CAMERALe voyage continue sans problème, le lac est par moment tellement large que nous n’arrivons pas à distinguer les rives.
OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERADébarquement à Kete Krachi vers 12h, l’aventure continue vers Tamale, le nord du Ghana et le Burkina.