Mois: novembre 2014

Trésor n°6 – Kéta, la mer, les pêcheurs

Après plusieurs jours dans les montagnes ghanéennes, nous débarquons sur la côte, à Kéta plus précisément. Kéta est un sympathique petit village de pêcheurs installé sur un banc de sable entre mer et lagon, sympaaaaaa !

L’après-midi du 19 novembre commence par un « D : On fait quoi cet aprem? M : Je ne sais pas, on peut se faire une balade sur la plage, on part 2-3h.D : Ok ça me va ! ». Let’s go to the beach !

On remonte la 50aine de mètres qui nous sépare de la plage, amorçons notre balade, quand tout à coup une voix s’élève derrière nous « HEY ! What are you doing here !? »(Que faites-vous ici ?) Ce à quoi nous répondons « We are just walking» (Nous marchons simplement), quelle question…

L’homme qui nous a demandé ce que nous faisions ici était en réalité un pêcheur du village en train de fabriquer un filet de pêche avec son boss et ces collègues. Une fois les présentations faites l’homme, que nous pouvons appeler Felix puisque les présentations sont faites, nous tint à peu près ce langage « Do you want to try ? » (Voulez –vous essayer ?) sans grande conviction, mais avec un grand sourire. A sa grande surprise deux sourires se dessinent également sur nos visages, suivis d’un « YES !! ». C’est parti pour un cours de fabrication de filet. A noter que le matin même nous nous étions dit « Ce serait énorme de rencontrer des pêcheurs du coin ! ». Comme quoi le hasard fait bien les choses, la balade attendra un peu.

David et Felix

David et Felix

Le filet est en réalité déjà fabriqué, il fallait néanmoins poser la ligne de flotteurs (ou conques) sur toute la longueur du filet (une 15aine de mètres). Assis en tailleur le long du filet, une aiguille en bois enroulée de fil, le filet entièrement étendu sur le sable chaud, soit dit en passant face à la mer. Et c’est parti. 1, 2, 3, 4, 5 nœuds, on se décale de 30 cm, 1, 2, 3, 4, 5 nœuds, on se décale de 30 cm, répéter ce cycle 4-5 fois, enfiler un flotteur, 1, 2, 3, 4, 5 nœuds, on re-décale de 30 cm, bref, vous l’aurez compris c’est répétitif, mais c’est super sympa.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Mise en application

Mise en application

Le temps défile sous les passages de l’aiguille, 20 minutes, 30 minutes puis STOP ! Le filet est terminé. Nous continuons quand même de discuter avec Felix avant de partir pour notre balade. Il nous apprend par exemple que le mercredi est le jour de repos pour tous les pêcheurs. Bon en réalité le terme « repos » signifie ici « On reste à terre, pour réparer les bateaux, fabriquer les filets, etc », donc pas vraiment de jour de repos en fait… Il nous informe également qu’ils sont au nombre de 3 pêcheurs par embarcation. Aller, on s’en va, merci professeur !

OLYMPUS DIGITAL CAMERAOn marche un peu, on s’assoit au bord de l’eau, quand deux enfants viennent nous voir (surement des enfants de pêcheurs), intrigués par l’appareil photo. Le premier contact est fait grâce à un « I love your skin ! » (J’aime ta peau !) de la part des enfants, charmants ces petits ! Mais nous aussi on aime la leur, « Black and white are two wonderful colors » (Blanc et noir sont deux magnifiques couleurs) leur rétorque Marine. Les salutations sont faites, à les voir, on comprend que la plage est leur terrain de jeu, sympa… Ils passent leurs après-midis (l’école termine à 14h) à courir après les crabes présents à la pelle (ou à l’appel comme vous voulez). Ils nous en ont même attrapé un, regardez ! Regardez !

OLYMPUS DIGITAL CAMERABref, et cette balade alors ? Bon OK on y va, une fois repartis, on croise un homme assis sur un bateau qui nous demande de le prendre en photo sur son bateau. Il nous demande alors ce qu’on fait là, comme d’habitude on répond qu’on voulait juste marcher. Il nous demande alors s’il peut se joindre à nous, ce à quoi nous répondons oui avec plaisir. Une heure passe en sa compagnie. Kokou (ce qui signifie né un mercredi), nous explique qu’il est businessman. Fils et petit-fils de pêcheur, il a récupéré deux filets de pêche chez son père et son grand-père. Ayant un petit pécule en plus de ces deux filets, il décida un jour, d’acheter son propre bateau. Il est maintenant propriétaire de son bateau et du matériel de pêche et a embauché une équipe qui pêche pour lui.

Le soleil s’est couché derrière les cocotiers, c’est maintenant l’heure de rentrer. Un très bel après-midi passé sur la plage au fil des rencontres. L’aventure continue !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Publicités

Trésor n°5 – Cinquième trésor

Depuis quelques semaines, nous avons fait sa rencontre. Nous la connaissions déjà en France, mais ce voyage au cœur de l’Afrique de l’ouest nous en a rapprochés. Terre de prédilection de notre amie, elle y grandit paisiblement et fait le bonheur de beaucoup d’entre nous ici.

Camarade de tous les instants, en permanence avec nous dans notre sac et dans la rue, nous ne pouvons plus nous en passer.

Au petit-déjeuner, en dessert, au goûter ou à n’importe quelle heure de la journée, c’est à elle que nous pensons.

Avec sa forme phallique et sa couleur jaune, reconnaissable entre toutes, nous voulons bien sûr parler de : super banane !

OLYMPUS DIGITAL CAMERAOLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

 

Trésor n°4 –Amedzofe

Nous y voilà, au Ghana ! Après une nuit passée à Wli, prononcé « Bli » (proche de la frontière Togolaise) nous nous remettons en route vers le sud. Notre objectif :Amedzofe, prononcé « Amedjopé », village le plus haut du Ghana qui culmine à 750m d’altitude. Il nous attire par la légende qui l’entoure et l’accueil de ses habitants.

 

Le village d'Amedzofe

Le village d’Amedzofe

 

Voici son histoire : Pour fuir la guerre contre les Ashanti, les Ewé, qui venaient d’un petit village poussière du nord, se dirigèrent vers les monts Gewi. Malheureusement pour eux, des Géants habitaient déjà les lieux. Aussi, plutôt que de faire la guerre à nouveau, les Ewé proposèrent la paix aux Géants. Afin de célébrer la bonne nouvelle, les Ewés décidèrent que le jour des accords de paix deviendraient désormais jour de fête. A chaque célébration, Ewé et Géants s’échangeaient du vin de palme, que chacun goutaient au préalable pour s’assurer de sa qualité. Un soir, les sages Ewés se réunir sous l’arbre à palabres du village, et discutèrent toute la nuit. Au petit matin, le conseil expliqua à la population qu’il était temps de se débarrasser des Géants. Leur plan consistait à empoisonner le vin de palme. Pour le goûter et duper l’ennemi,  un vieillard malade fut choisi. Le jour de la fête, le vieux Ewé s’éclipsa juste après avoir gouté le vin empoisonné. Les Géants burent le vin, convaincus de l’honnêteté de leurs alliés. Ils tombèrent rapidement dans un sommeil sans fin… Les Ewés sont depuis les seuls maîtres des lieux.

Revenons à nos moutons, un tro-tro, une sorte de minibus utilisé pour transporter jusqu’à 22 personnes (cf. le taxi-brousse au Togo), nous dépose au pied de la montagne après 45min de route. Le chauffeur nous indique qu’Amedzofe n’est pas sur sa route mais que des taxis font régulièrement la navette. Sac à dos sur le dos, nous avions envie de marcher tranquillement avant de nous renfermer dans une nouvelle voiture, on commence à monter. Un premier panneau nous indique que le village est à 5kms. Le soleil tape dur, on a chacun 13 kg sur le dos, la route grimpe, le village est à 5kms, ok, on continu à pied on verra bien si un taxi nous rattrape. Le premier taxi est plein, le second aussi, le troisième ne l’est pas, il s’arrête en nous voyant lui faire signe. Pas de bol, il n’avait plus qu’une place de libre, on continue à pied…

Après 2,5 kms, 3 pauses, 5 « Putain, j’ai mal au dos », 2 « Fait chier je vais me taper un coup de soleil », 19 « Mais pourquoi on acommencé à monter à pied, forcément que les taxis qui partent sont pleins ! » nous apercevons un pick-up. ALLELUIA !!!

David, seul face au pick-up (Marine étant plus haut sur la route) demande : « Amedzofe ? ». Le conducteur répond OK suivi d’un coup de menton l’invitant à grimper. « We’re two people, it’s OK ? », le conducteur répond OK suivi d’un coup de menton l’invitant à grimper. OK, OK, on monte.

C’est alors beaucoup plus simple de parcourir les 2-3 derniers kilomètres qui nous séparent du village. Le pick-up s’arrête devant l’Hôtel. Il est là, il nous observe à quelques mètres, torse nu, avec une petite moustache, le petit-fils de Barracuda (cf. L’agence tout risque), Emmanuel le militaire ghanéen. Il vient à notre rencontre, David pleure en passant les yeux sur ses muscles, Marine guette la réaction de David à la vue de ses muscles. Après quelques échanges, Emmanuel stop la conversation pour nous dire qu’il va s’habiller et revient directement (David crie MERCIII de ses yeux). Trêve de plaisanterie, Emmanuel apprécie notre projet, nous apprécions Emmanuel, on échange nos adresses mails. (Ca ne se voit pas sur la photo mais il y en a sous le t-shit 😉 )

Emmanuel, petit-fils de Barracuda

Emmanuel, petit-fils de Barracuda

Quel était le trésor déjà ? Ah oui, Amedzofe. Le village jouit tout d’abord d’une vue imprenable sur la région Volta et le lac du même nom. Une étendue de nature immense s’offre à nous, magnifique,  pure, vierge de tout signe de civilisation ! Nous parlerons plus en détails  du lac Voltadans un prochain trésor puisque nous prévoyons de le remonter en bateau du sud au nord soit 402 kms d’ici quelques semaines.

Vue depuis la terrasse de l'hebergement

Vue depuis la terrasse de l’hebergement

L'hebergement et la vue sur la vallee

L’hebergement et la vue sur la vallee

Autre richesse du village (hormis le pick-up, les militaires et la vue sur la région) : l’accueil que les villageois nous ont offert. C’est au cours de nos balades que nous avons découvert un petit village paisible où l’on reçoit des « You’re welcome ! » en profusion de la part des anciens, des jeunes, des enfants, de tout le monde en fait. Plusieurs personnes nous ont également complimenté et remercié de porter des tenues « africaines », souvenons-nous d’un « You’re in Africa, you wear african clothes, thank you ! ».

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Le village

Le village

C’est après 2 jours au village, plusieurs heures de balades, debons moments gravés dans nos esprits que nous décidons de redescendre dans la vallée en direction de Ho, prononcé « Rho ». Cette fois ci nous descendrons à pied, c’est plus simple en descente se dit-on… C’est parti ! Mais au bout d’1 km, un car (un vrai car comme en France, 50 places environ) s’arrête à notre niveau. Il est là, il nous observe à la porte du bus, en T-shirt, toujours avec sa petite moustache, le petit fils de Barracuda. Emmanuel nous propose de monter dans le bus de l’armée ghanéenne afin de descendre dans la vallée, c’est alors qu’il nous dit « Hey, you didn’t tall me you were leaving ! » (Hey, vous ne m’aviez pas dit que vous partiez !), booonnnn OKKKK on descend en car !!!

Trésor n°3 – Le Batik

Vous vous en doutez peut-être déjà, l’art est très présent en Afrique de l’ouest, qui plus est à Kpalimé. Elle est réputée ville de l’art et la culture par ses habitants. Que ce soit en sculpture, peinture, bijouterie, etc, la ville est envahie de quelques centaines d’artistes exposants leurs œuvres dans des boutiques au bord de la route. Nous nous sommes essayés, il y a 2 semaines, à la création de plusieurs batiks, sous les conseils de Méno, un artiste batikeur et ami de l’association.

Vous vous demandez surement, mais qu’est-ce qu’un batik ?

C’est une toile de tissu, idéalement en percale (100% coton), vierge de tout additif, enfin bref, la plus pure possible ! Sur ce tissu, nous venons apposer des couleurs végétales.

Le batik en plusieurs étapes

1ère étape – Décalquage

N’ayant pas de talent particulier pour le dessin, Meno nous a proposé différents modèles à reproduire sur les toiles par décalquage. Crayon à papier en main, concentration au maximum, nous voilà lancés !

recopiage des modèles

Décalquage des modèles

2ème étape – Application de la cire

Après avoir fini de recopier, Meno amène sur la table de travail un chaudron de cire d’abeille bouillante. Il nous explique alors qu’il va falloir repasser toutes nos traces de crayons à la cire. La cire sert de limite/barrière à l’expansion de la peinture lorsque nous l’appliquerons sur la toile.

Il faut savoir que si par malheur une zone délimitée par la cire comporte une brèche, la peinture s’engouffrera et pourra se mélanger avec celle d’à côté ! On comprend maintenant tout l’intérêt d’être très précis et propre avec la cire car c’est irréversible ! Pas facile ! Une tâche de cire sur la toile et cette zone sera vierge de couleur.

Application de la cire

Application de la cire

3ème étape – Application de la peinture

C’est bon, la cire est maintenant parfaitement posée, on l’espère … L’heure est venue d’appliquer la peinture !

On commence par le fond de la toile, « quelle couleur choisir ? », « Comment faire un dégradé ? », «  Ah j’ai peur de me tromper !!! »

Meno a su répondre à toutes nos questions, nous donner de bons conseils et nous aider dans les endroits délicats.

Application de la peinture

Application de la peinture

4ème étape – Les craquelures

Après avoir laissé les toiles au soleil pendant quelques heures, nous nous attaquons aux finitions.

Afin de donner un aspect « vieilli » à nos batiks, Meno nous propose de faire des craquelures.

QUOI ?! Comment peut-on faire des craquelures sur un tissu ?

Finalement c’est simple, il suffit de badigeonner de la cire sur toute la toile (recto et verso) puis de rouler la toile pour craqueler la couche de cire. Ensuite, nous avons appliqué de la peinture marron sur toute la surface de la toile pour qu’elle s’insère dans les craquelures, puis nous l’avons de nouveau roulée pour faire pénétrer  la peinture plus facilement dans les interstices.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Création des craquelures

Création des craquelures

5ème et dernière étape – Enlever la cire et repasser

Jouer avec la cire c’est bien mignon mais maintenant il faut tout enlever pour faire naître nos petits bébés batiks !

Solution : frotter, frotter, frotter comme si on lavait du linge, pour faire tomber la cire. C’est une étape qui peut donc durer longtemps …

Après repassage, les batiks sont terminés et tous beaux !

Nos Batik terminés

Nos Batik terminés

Très bonne expérience artistique conduite par Méno. N’hésitez pas à aller faire un tour sur son site web pour le découvrir et découvrir ses œuvres ! C’est par ici.

David et Marine, maîtres batikeurs (mouah ah ah …)